douer


douer

douer [ dwe ] v. tr. <conjug. : 1>
doer XIIe; « doter » et « faire don de » jusqu'au XVIIe; lat. dotare doter
Pourvoir (qqn) de qualités, d'avantages (en parlant de Dieu, de forces supérieures). doter, gratifier, pourvoir. La nature l'a doué de beaucoup de patience. doué. ⊗ CONTR. Défavoriser, handicaper, priver.

douer verbe transitif (latin dotare, doter de) En parlant de forces supérieures à l'homme, pourvoir quelqu'un d'une qualité, d'un avantage ; doter, gratifier : La nature l'a doué d'une excellente mémoire.douer (homonymes) verbe transitif (latin dotare, doter de)

douer
v. tr. Pourvoir de (un avantage). La nature l'a doué d'un heureux caractère.

⇒DOUER, verbe trans.
A.— Vx. Assigner un douaire. Synon. doter. Il a doué sa femme de telle somme (Ac. 1878), de tel revenu (Ac. 1835, 1878).
B.— Douer (qqn) de qqc.
1. [Le suj. désigne des forces supérieures à l'homme; le compl. d'obj. dir. désigne gén. un être humain; un compl. second. prép. désigne une caractéristique phys., mor. ou intellectuelle] Donner à (quelqu'un) un caractère, une qualité en partage. Synon. doter. Les cinq sens dont la nature a doué l'homme (COURNOT, Fond. connaiss., 1851, p. 165). « Je remercie Dieu de m'avoir doué d'une grande force de mépris » (GIDE, Journal, 1933, p. 1173). Le ciel (...) m'avait doué d'un heureux naturel (GUÉHENNO, Jean-Jacques, 1948, p. 182).
Rem. 1. Ac. note : ,,ne se dit que des avantages, que des grâces qu'on reçoit du Ciel, de la nature``. 2. Ne s'emploie guère en dehors de l'inf. prés. et des formes composées (sauf chez les écrivains récents, cf. infra S. de Beauvoir, Léautaud, Paulhan).
P. ext. [Dans une conception animiste de la nature; en parlant d'une idée, d'une force, etc.]. C'est ce souci persévérant qui a doué le pélican d'un organe tout particulier, lui creusant sous son bec distendu un réservoir mobile, signe vivant d'économie et d'attentive prévoyance (MICHELET, Oiseau, 1856, p. 61).
P. anal. [Le suj. désigne une pers. ou une réalité hist.] [Le romancier] invente ses personnages, les doue de vie (PAULHAN, Fleurs Tarbes, 1941, p. 190). C'est le christianisme qui a bouleversé sur ce point [l'avortement] les idées morales en douant l'embryon d'une âme (BEAUVOIR, Deux. sexe, t. 1, 1949, p. 200).
[Avec un compl. circ., tenant lieu d'obj. second.] Synon. avantager. Si la nature ne m'a pas aussi généreusement doué que vous sous le rapport de l'odorat, je distingue néanmoins les bonnes odeurs des mauvaises (BERNANOS, M. Ouine, 1943, p. 1402).
2. [Le suj. désigne gén. un être humain]
a) Pourvoir (quelqu'un et le plus souvent quelque chose) de qualités qui lui deviennent propres. L'automate est doué par son constructeur d'un phototropisme (RUYER, Cybern., 1954, p. 59).
Emploi abs. Ce ne sont pas les désagréments de l'existence, mais plutôt des facultés d'observation, qui douent d'indifférence (LÉAUTAUD, Essais, Essai, 1897, p. 26).
b) Pourvoir (quelqu'un, quelque chose) de qualités supposées ou imaginaires. Synon. attribuer. La pauvre Thérèse aurait voulu douer l'inconnu de toutes les vertus, de toutes les perfections (PONSON DU TERR., Rocambole, t. 1, 1859, p. 432). Certains auteurs ont tendance à douer les cristaux d'une sorte de vie mystérieuse et compliquée (RUYER, Esq. philos., 1930, p. 89).
C.— [Le suj. désigne une chose représentant une force] Douer (qqn pour qqc.). Prédisposer (quelqu'un) à (quelque chose), conférer des aptitudes pour (quelque chose). Cassandre. — Le divin Apollon me doua de ce pouvoir (CLAUDEL, Agamemnon, 1896, p. 897).
Rare. [Avec un compl. de destination] Le goût de la saveur vivante des mots et des modes affectifs de l'expression doue généralement les émotifs pour l'étude des langues (MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 238).
Rem. On rencontre ds la docum. un emploi pronom. à sens passif. Il me semblait (...) que méritait bien d'être un événement historique ce qui, devant mes sens tout neufs, se douait d'une telle importance (GIDE, Si le grain, 1924, p. 361).
Prononc. et Orth. :[dwe], (je) doue [du]. Ds Ac. dep. 1694. Homon. (du rad. nu) doux. Étymol. et Hist. 1. Fin du XIIe s. « pourvoir d'un douaire » (Raoul de Cambrai, 5737 ds T.-L.); 2. ca 1210 « pourvoir d'un bien, d'une qualité » (Dolopathos, 4, ibid.); 1262 part. passé (J. LE MARCHAND, Miracles de Notre-Dame de Chartres, 137, ibid.). Du lat. class. dotare « doter de; pourvoir de ». Fréq. abs. littér. :78.

douer [dwe] v. tr.
ÉTYM. XIIe, doer; sens de « doter » jusqu'au XVIIe, à côté de « faire don de »; du lat. dotare. → Doter.
1 Vx (langue class.). Pourvoir (qqn) d'un douaire. Doter.
2 Littér. Pourvoir de qualités, d'avantages (le sujet désigne Dieu, ou la nature, la fortune personnifiées). Donner (en partage), doter, gratifier, pourvoir; don. || La nature l'a doué d'une grande vertu, de beaucoup de patience, d'une rare beauté.
0 On ne saurait dire s'il eut sujet de remercier la nature, ou bien de se plaindre d'elle : car, en le douant d'un très bel esprit, elle le fit naître difforme et laid de visage (…)
La Fontaine, Vie d'Ésope.
Au passif. || Il a été doué de… (par la nature, etc.).
——————
doué, ée p. p. adj. Plus cour. Doué.
DÉR. Doué.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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